Citoyens-chercheurs

Rien de telle qu'une vidéo pour présenter les citoyens-chercheurs: https://vimeo.com/299189299

Témoignages

Feedback de Juan après la première série expérimentale (23 juin 2018)

Bonjour,

Je n'en avais pas encore eu l'occasion, je voulais vous faire un retour de la première expérience, et vous dire que je ne pourrai pas participer à la deuxième. Voici :

anthropologiquement

une grande partie de l'expérience consiste à trouver une place physique et symbolique au dispositif, dans la famille, dans la maison, dans la dialectique propre/sale, dans le pourquoi, dans les tâches à faire, qui s'en occupe, etc. On a hésité entre la cabane de jardin, la cave et la cuisine. La solution testée a été "sous l'évier près de la poubelle". Les enfants sont curieux et certains plus dégoûtés que d'autres, les invités veulent toucher les larves sans permission lorsque l'on ouvre le sceau pour montrer (est-ce un problème pour la contamination?). Moi même en étant motivé je n'ai pas réussi à ne pas être en partie dégoûté, mon épouse était elle pas trop dégoûtée et du coup elle faisait moins attention à l’hygiène que moi.

le dispositif et les larves

- le thermomètre tombe dans le fond du sceau avec le mouvement des larves, pas bon
- les larves sont sorties systématiquement tous les soirs pour aller dans le sable. Trop peu de déchets? trop de larves? avec des gants je les ai remis tous les soirs pendant 10 jours puis j'ai été définitivement écœuré et le sable du fond finissait dans le sceau intérieur. J'ai fini par les "sacrifier" en les congelant puis les donnant aux poules. J'ai essayé de prendre un max de précautions pour éviter de contaminer notre surgélateur, mais j'ai pas trouvé ça top
- il y avait de la condensation, et cela finissait par couler sur le treillis qui est devenu brun
- on a pas su trop comment gérer les proportions de sec/mouillé de déchets

pratiquement

- la planche séparée ça n'a pas marché, on s'encombre, on perd du temps aux heures de rush, etc. On a décidé de mettre les déchets dans un bac à part et de les couper au fur et à mesure au-dessus du sceau (pas de contact avec la viande ou les oeufs donc). Problème: les déchets pourrissent vite, et les apports sont irréguliers (on a peu pendant des jours puis d'un coup plein que l'on ne réussit pas à donner aux larves).
- le fait de devoir remettre les larves tous les soirs dans le sceau intérieur:
• m'a dégoûté
• n'est pas top pour l'hygiène dans la cuisine (on a retrouvé du sable par terre, deux larves qui se baladaient), j'ai du me résoudre à faire ça sur la pelouse tous les soirs (quid des apparts?)

intérêt du dispositif

- les poules mangent effectivement les larves
- un ami me demandait quel était le bilan environnemental par rapport à la solution d'envoyer nos déchets pour en faire du biogaz. J'ai réalisé deux intérêts auquel je n'avais pas pensé:
• ça fait réfléchir les invités
• on peut potentiellement éviter des aliments pour poules avec du soja OGM (en effet je n'ai pas trouvé de mixes conventionnels pour poules sans OGM, et les mixes bio et bien ils sont de mauvaise qualité, pleins de poussière de son et les poules ne le mangent pas bien!). Le soja OGM ça signifie la déforestation et les pesticides en Argentine et au Brésil.